Pour aller plus loin : Partage fraternel au sujet de l’humilité

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Quelques échos du temps de prière

de ce vendredi 3 février 2017, à Fontenay-sous-Bois, réunissant fraternités séculières, personnes de la paroisse, du quartier, sœurs de saint François…

 

Nous avons ouvert notre prière par un partage, une réflexion, à partir du mot « humilité ».

« Qu’évoque ce mot ? Est-il une référence dans ma vie ? Pour ma foi ? Dieu a–t-il visage d’humilité pour moi ? Accueillir ce mot, le laisser résonner en soi… avec ce qu’il peut signifier de lourd, de négatif peut-être, mais aussi entrevoir en lui un appel… »

Les personnes qui le souhaitaient ont donné un écho de cette réflexion en écrivant sur un post-it, celui-ci était déposé ensuite sur un panneau où déjà étaient inscrits : consentement, humiliation, modestie, abaissement, petitesse… et un point d’interrogation. Voici différentes expressions.

« L’abaissement de Dieu fait homme de Noël à la crucifixion… L’intelligence, les œuvres de l’homme sans humilité sonnent faux. Humilité, petitesse, réceptivité pour s’accueillir soi-même. Accueillir notre frère, chemin vers la vraie joie et vers Jésus. Et recevoir l’amour de Dieu. »

« Servir avec humilité, aimer avec humilité, « sans appropriation », sans bruit… et accueillir la joie, qui naît là. »

« Humilité, une référence pour ma vie, le fondement de ma foi, qui me conduit au Christ. Chemin de bonheur : se recevoir comme je suis, accueillir l’autre tel qu’il est. »

« Humilité devant les autres, respectant leur chemin de foi… douceur et respect. Comme Dieu qui se fait humble en accueillant les hommes tels qu’ils sont, respectant leur liberté. Se faire petit et proche. »

« Humilité, se sentir petit devant l’autre, ne pas dominer ; attitude de simplicité. »

« L’humilité est incarnée par Jésus dans la crèche, le tout petit qui commence à vivre. C’est une humanité nouvelle qui prend racine, nouvel humus qui nourrira notre croissance. L’humilité de Dieu n’est compréhensible et visible que par l’incarnation, par la personne de Jésus Christ. »

« Humilité de Jésus dans sa passion, bafoué, humilié par amour pour nous. »

« A la suite du Christ, l’humilité, c’est me mettre au service de chacun avec un cœur « de petit », sans esprit de domination sur les autres, c’est aussi m’accueillir et consentir à son Amour. »

« L’humilité, c’est se reconnaître petite, accueillante, accepter de recevoir de l’Autre. Marie a vécu cette humilité. »

« Se reconnaître limité, incomplet, dépendant. Faire la vérité sur soi. Laisser de la place à l’autre. Admirer, reconnaître l’autre. Pouvoir accueillir. »


La prière et la méditation se sont poursuivies avec l’aide d’un texte de sœur Ilia Delio (L’humilité de Dieu, une perspective franciscaine.)

« Ce que François a compris, c’est que, pour voir l’humilité de Dieu dans le monde, on doit vivre dans le mystère du Christ. L’humilité de Dieu se révèle dans l’humilité du Christ. C’est le Christ qui nous mène au mystère de Dieu parce que le Christ est le sacrement de Dieu. Cependant nous ne pouvons vivre dans le Christ que lorsque nous avons «  l’Esprit du Seigneur ». « Désirez par-dessus tout, disait François, avoir l’Esprit du Seigneur. » L’Esprit du Seigneur nous rend capable de pénétrer les profondeurs de la réalité créée où Dieu est caché, comme St Paul l’écrit, parce que « l’Esprit atteint les profondeurs de toute chose, même les profondeurs de Dieu. »(1 Corinthiens, 2, 11) Que serait le monde si les chrétiens croyaient réellement en un Dieu humble ? Et si suivre un Dieu de pauvreté et d’humilité les conduisait à abandonner leurs opinions, préjugés et jugements, afin de pouvoir être plus ouverts pour aimer, comme Dieu, les autres là où ils sont ?  François a parcouru le monde en suivant les traces du Christ, non pour ressembler au Christ, mais parce qu’elles étaient les traces de l’humilité divine. Il a  découvert que Dieu descend par amour, pour nous rencontrer là où nous sommes et il a trouvé Dieu dans les formes les plus inattendues : la chair défigurée du lépreux, les récriminations d’un frère, le rayonnement du soleil, en bref le cloître de l’univers. La sagesse de François  nous fait réaliser que Dieu nous aime dans notre humanité incomplète  même si nous fuyons  toujours en essayant de nous débarrasser de défauts , de blessures et de fractures.  Si seulement nous pouvions voir que Dieu est là dans les brèches de nos vies humaines brisées, nous serions déjà guéris.

L’humilité de Dieu veut dire acceptation : Dieu accepte la chair humaine ordinaire et fragile pour révéler sa gloire en sorte que, à notre tour, nous puissions accepter les autres comme révélation de Dieu. Le Christ dévoile la beauté du monde comme le rayonnement de Dieu. C’est pourquoi chaque personne et chaque créature mérite le plus grand respect et la plus grande attention parce que, dans cet être vivant, Dieu demeure. Nous pouvons être déconcertés par le mystère de l’humilité de Dieu  si nous essayons de le comprendre au moyen de la seule raison ;  l’humilité de Dieu n’est pas un concept abstrait. C’est la manière dont Dieu s’exprime dans la réalité concrète. François nous enseigne que Dieu est un mystère inexhaustible d’amour et nous sommes invités à devenir  comme Dieu, livrés par amour. Nous sommes invités à vivre dans l’humilité de Dieu et à voir la beauté de Dieu dans le cœur du monde. »

Sœur Corinne T