Quelles leçons tirer de cette rencontre ?

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François n’a pas été le seul à être impressionné par la rencontre, mais le Sultan même, comme l’affirme un certain nombre d’historiens, l’influence a été réciproque et commune.

François, à cause du respect qu’il porte envers les gens de différente culture, est dérangé par les activités de certains dignitaires de l’Église qui encouragent la guerre contre les non chrétiens, en invitant les gens à prendre les armes pour tuer et haïr les peuples non chrétiens. Les Théologiens du Moyen-Âge justifient les guerres, la violence et les meurtres afin de récupérer les lieux saints. Pour François, Dieu est un Dieu d’humilité et de service pour les hommes. Si Dieu appelle les Frères pour aller parmi les infidèles, c’est avec un esprit de non-violence et de paix, pour construire une fraternité, qui inclut tous les hommes du monde entier.

François ne trouve pas chez les responsables des guerres croisées l’esprit de la mission du Christ, qui se présente comme un messager de Paix et d’Amour. François comprend l’Évangile comme une invitation à la non-violence. Pour cette raison, il n’approuve pas l’idée de combattre les musulmans et d’aller contre eux. Il veut aller vivre parmi eux pour porter l’esprit du Christ de paix et de bien. C’est ce qu’il demande à ses disciples aussi partout où ils iront et où ils se trouveront.

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Saint François chez le Sultan

Il recommande chaudement à ses disciples le respect et l’amour des non chrétiens, sans se croire supérieurs à eux, en pensant par contre que les autres sont meilleurs de nous. Il répète avec insistance : “Si Dieu avait accordé aux non chrétiens les mêmes grâces qu’Il nous a accordées à nous chrétiens, ils seraient devenus meilleurs que nous”.
Il rappelle aux Frères que Dieu ne prive pas les musulmans du salut, mais qu’ils sont inclus dans le plan de la rédemption. En partant de ce principe François agit avec les musulmans en donnant un excellent exemple de rapport islamo chrétien et de dialogue entre les religions.
Ce à quoi invite François n’est pas un dialogue doctrinal ou théologique, il invite par contre au dialogue des relations humaines avec un objectif spirituel. La voie suivie par François est la voie du dialogue avec les autres religions, en particulier avec l’Islam ce n’est pas la voie de la supériorité, du pouvoir, du contrôle, mais c’est la voie du service, de la fraternité. Aujourd’hui cette voie prend plus d’importance de jour en jour et on la définit : “le dialogue de la Vie.”
François demande à ses Frères d’être soumis aux musulmans, d’éviter les discussions animées, ou de recourir aux argumentations pour convaincre les autres ou aux contre -argumentations pour défendre leurs positions. François montre ainsi que son objectif principal, d’aller avec ses Frères, parmi les musulmans, n’est pas le désir du martyre mais le désir de témoigner de l’Évangile. François recommande à ses Frères de suivre ses traces et d’agir comme lui.

Beyrouth, 14-4-2008
Frère Halim Noujaim, franciscain