Mais qu’est ce que la joie parfaite ?

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Mais qu’est ce que la joie parfaite ?

Le secret de la joie parfaite nous est dévoilé par François d’Assise à l’aide d’une parabole. Deux textes de la description de la joie parfaite nous sont disponibles : * les Fioretti (1390) traduction italienne des Actus beati Francisci et sociorum ejus (1328-1343), présentent au chapitre 8 le texte le plus souvent cité. * les Sources chrétiennes ont édité un texte moins connu, retrouvé en 1927 dans un manuscrit du début du XIVe, sans doute authentiquement rattachable aux Écrits de François ou plus exactement aux textes « dictés ». Il semblerait que ce texte soit la source à partir de laquelle l’auteur des Actus a pu broder son récit.

Ce récit est plus sobre, plus mordant, plus incisif que celui des Fioretti. Il est difficile de le dater avec exactitude mais l’édition critique des Sources chrétiennes note que l’allusion à  “tous les maîtres de Paris et à tous les prélats, évêques et archevêques”  nous place à un moment où la diffusion de l’Ordre est telle que ce succès risque d’éloigner les frères de la voie de la simplicité et de la pauvreté évangéliques, sans doute après 1220.

Ce texte nous servira de trame pour redécouvrir des éléments essentiels de l’expérience spirituelle de François d’Assise, et pour entrer dans son chemin de Pâque et de joie.

Le même (frère Léonard) rapporta au même endroit qu’un jour, à Sainte Marie, le bienheureux François appela frère Léon et dit : « Frère Léon, écris. » Et lui répondit : « Voilà, je suis prêt. » « Ecris, dit-il, quelle est la vraie joie. Un messager vient et dit que tous les maîtres de Paris sont venus à l’Ordre ; écris : ce n’est pas la vraie joie. De même, tous les prélats d’outre-monts, archevêques et évêques ; de même le roi de France et le roi d’Angleterre ; écris : ce n’est pas la vraie joie. De même, mes frères sont allés chez les infidèles et les ont tous convertis à la foi ; de même, je tiens de Dieu une telle grâce que je guéris les malades et fais beaucoup de miracles : je te dis qu’en tout cela n’est pas la vraie joie. Mais quelle est la vraie joie ? Je reviens de Pérouse et par une nuit profonde je viens ici, et c’est un temps d’hiver, boueux et froid au point que des pendeloques d’eau froide congelée se forment aux extrémités de ma tunique et me frappent toujours les jambes, et du sang jaillit de ces blessures. Et tout en boue et froid et glace, je viens à la porte et, après que j’ai longtemps frappé et appelé, un frère vient et demande : Qui est-ce ? Moi je réponds : Frère François. Et lui dit : Va-t-en ; ce n’est pas une heure décente pour circuler ; tu n’entreras pas. Et à celui qui insiste, il répondrait à nouveau : Va-t-en ; tu n’es qu’un simple et un ignare ; en tout cas, tu ne viens pas chez nous ; nous sommes tant et tels que nous n’avons pas besoin de toi. Et moi je me tiens à nouveau debout devant la porte et je dis : Par amour de Dieu, recueillez-moi cettenuit. Et lui répondrait : Je ne le ferai pas. Va au lieu des Crucigères et demande là-bas. Je te dis que si je garde patience et ne suis pas ébranlé, qu’en cela est la vraie joie et la vraie vertu et le salut de l’âme. »

Ce texte se présente comme une parabole pour expliquer d’abord ce que n’est pas la joie parfaite puis ce qu’elle est.

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La joie parfaite.

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