Passage de l’amertume à la conversion.

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Passage de l’amertume à la conversion.

Dans la seconde Lettre à tous les fidèles 69 « Mais prenez garde, aveugles ; vous vous êtes laissé séduire par vos ennemis, qui sont la chair, le monde et le diable, parce qu’il est doux pour le corps de commettre le péché, et très amer de servir Dieu », le péché est lié à la douceur et le service de Dieu à l’amertume. Il faut donc quitter le doux et consentir à l’amer, mais l’amertume embrassée devient grande douceur pour l’esprit et pour le corps (Testament 3). Pour François, l’amertume est le passage obligé de la conversion : il est très amer de servir Dieu, c’est-à-dire de servir les lépreux.

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Fleur du jardin d’Agoé

L’amertume du service de Dieu, c’est de rencontrer les lépreux et de les soigner avec toute la miséricorde. En acceptant d’entrer dans l’amertume de la lèpre, alors on ressent la douceur divine. Mais la traversée est rude et le passage exigeant…

Le terme de douceur est souvent évoqué par François (ou ses biographes) pour qualifier Dieu ou sa relation à Dieu. François est envahi par la douceur divine dès le début de sa conversion ; le soir où il est élu roi de la jeunesse d’Assise, il s’éloigne de ses amis et se met à chanter dans son cœur les louanges du Seigneur et il nous est précisé « la douceur divine l’inondait » 2Cel7. Plus tard, quand le crucifix de st Damien s’adresse à lui, Il le fait « avec douceur et bienveillance » (3S13). Et en septembre 1224, lorsqu’il compose les Louanges de Dieu, il chante la douceur de Dieu à deux reprises : « Tu es beauté, tu es douceur tu es notre abri, notre gardien et notre défenseur, tu es la force, tu es la fraîcheur Tu es notre espérance, tu es notre foi, tu es notre amour, tu es notre grande douceur, tu es notre vie éternelle, grand et admirable Seigneur, Dieu tout puissant, ô bon sauveur ! » Louanges de Dieu 5-6

Cette prière est écrite après la stigmatisation. Il sait alors dans sa chair ce que veut dire goûter la douceur divine, une douceur qui n’est jamais séparée de l’amertume, que ce soit celle des lépreux ou celle de la croix.

« Sans aucun pouvoir de domination », dans l’obéissance parfaite : la Pâque de la vie fraternelle

L’invitation du portier à retourner chez les Crucigères nous a rappelé la première Pâque de François : quand le lépreux ou l’étranger devient un frère.

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