Une formation la Paix, dans un pays en souffrance, la RCA

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La crise politico-militaire qu’a connue la Centrafrique a laissé une conséquence dramatique sur la société et a conduit le pays à la dérive, exposant particulièrement les femmes et les enfants qui en sont les principales victimes.

Parmi ces conséquences on peut citer la haine encore latente dans les cœurs des centrafricains, la déchirure du tissu social, le non-respect de la vie humaine, des biens d’autrui et la destruction des biens publics. Dans un passé récent, le pays était même menacé de partitions.

Beaucoup de parents ont aussi perdu leur autorité vis-à-vis de leurs enfants. L’abandon des valeurs culturelles centrafricaines fait que, de nos jours, les jeunes sont désorientés, livrés à eux-mêmes dans un libertinage. La délinquance juvénile ne fait que s’accroître.

Dans ce contexte, la réconciliation nationale et la recherche d’une synergie des forces nationales autour de la construction de la paix sociale et du développement économique sont impératives. Sachant que la situation, malgré une accalmie relative, demeure encore très fragile, de sorte que tout dérapage même verbal constitue un risque de retour en arrière vers ce passé difficile qui a marqué la conscience des filles et fils de Centrafrique.

Francois et ses frères à la table des brigands

Ayant bénéficié de la formation des formateurs en cohésion sociale et dans le souci d’intégrer cette cohésion dans le programme de formation, à la demande de Sœur Rachel, j’ai organisé une formation des femmes leaders et ambassadrices de la cohésion sociale.

Cela a permis de regrouper 75 femmes de différentes communautés et confessions religieuses, pouvant s’exprimer librement. .

Aujourd’hui en RCA l’exigence de la paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble, est une urgence :

  • La paix dans le sens le plus large de ce terme
  • La paix qui garantisse la vie, le respect et la dignité des personnes
  • La paix qui garantisse une habitation digne et sûre.
  • La paix entre les peuples et les religions

Cette mission en faveur de la paix, à mon avis, doit nécessairement passer par les femmes qui sont les premières responsables de l’éducation et du suivi des enfants.

  • L’objectif premier de ce projet de formation est de sensibiliser les femmes et jeunes filles quelle que soit leur religion, réveiller leur conscience sur la situation dramatique du pays et sur leur rôle premier qui est de donner la vie, veiller sur elle et la protéger. Procurer une bonne assise à la culture de paix.
  • Le deuxième objectif est de promouvoir la vocation première et la responsabilité de la femme centrafricaine, permettre les échanges entre elles pour atténuer les souvenirs de la violence intercommunautaire. Les amener à s’impliquer dans le processus de la paix en RCA, promouvoir les valeurs culturelles, les inclure dans l’éducation pour donner des repères aux enfants et aux jeunes.

La formation s’est déroulée dans l’enceinte de l’école du 22 au 24 juin2016. Cette formation a été appuyée par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement)

Le 1er juillet 2016, c’était l’école Ste Claire qui fermait ses portes pour les vacances.

Et le 2 juillet 2016, ce fut la grand’messe de clôture de l’année, du Centre social Ste Elisabeth avec les remises de certificat de fin d’année de formation.  Les membres du ministère de l’éducation, des affaires sociales et des Nations Unies étaient présents à cette cérémonie.

Sœur Cécile Maitolal