Un mode de vie simple

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Soeur Florentine

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Soeur Gisèle.

En 1209, Francesco di Bernadone, fils d’un riche drapier, qui deviendra saint François d’Assise, fondait officiellement l’ordre des Franciscains, ne se donnant pour autre mission que d’ »Observer le saint Évangile ».

Comment vivre aujourd’hui cette spiritualité franciscaine, spiritualité héritée d’un homme du XIIIe ?

« Notre cloître, c’est le monde ». Les termes sont de saint François lui-même. Quoi de plus universel, comme cadre d’action, quoi de plus parlant, à l’heure de la « mondialisation » ? « Nous nous sommes donné pour mission d’habiter notre temps, de rester chercheurs de Dieu avec ceux qui cherchent », c’est-à-dire « de nous mettre à la portée de chacun, pour chercher Dieu ».

Pour montrer à tout homme qu' »il est aimé de Dieu et sauvé »

Pour réussir dans cette quête, saint François ne prescrivait rien d’autre que la « minorité ». Il désignait par ce terme un souci de ne pas dominer l’autre, de toujours reconnaître en lui un être supérieur.
Cet esprit de fraternité, cher aux sœurs de l’Institut, implique de « ne garder de soi, rien de soi », mais de « mettre en commun ce que nous sommes ». Autrement dit : faire profiter les autres de ses qualités et les faire fructifier. Plus précisément, il s’agit de savoir renoncer à l’avenir qu’augurent certaines compétences, pour se mettre au service des autres.

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Sœur Martine

Cette disponibilité aux autres figure au rang des priorités de la spiritualité franciscaine et s’adresse à tous, sans exclusivité. Ainsi « François se lance sur les routes, embrasse un lépreux, mais ne fonde pas pour autant un ordre soignant ».

Cette « mise à disposition » suppose préalablement ce que les Franciscains appellent un acte de « désappropriation ». On accepte de se « désinstaller », de se détacher de son matériel, de son réseau social, pour se rendre ouvert. François, fils de marchand, voit en tout bien matériel le risque d’un futur rapport de domination.

« Il n’est bien sûr pas de « désappropriation » sans quête de plus grand, même s’il est confusément senti », tout en sachant bien que les plus grands renoncements ne se choisissent pas (la mort d’un proche, un divorce, etc). A l’individu, dès lors, de savoir les « positiver ».

Pour oser la proximité avec l’autre, même lorsque celui-ci paraît « défiguré » (physiquement, socialement), saint François livre une expérience fondamentale : celle de sa rencontre avec un lépreux qu’il embrasse malgré sa répulsion. Par là même, il montre à tout homme « qu’il est aimé de Dieu et sauvé », ainsi que le rappelle le Franciscain Eloi Leclerc.

Pour parvenir à cette attitude générale de fraternité, saint François préconise également d’avoir, face au monde, un regard de « bienveillance » : le regarder comme il est, sans en avoir peur. En vérité. Il s’agissait pour lui d’attacher une place importante à la rencontre avec chacun. « Lui-même, plus que de grandes tribunes, affectionnait le dialogue personnel », rappelle Sœur Marie.

Fraternité, disponibilité aux autres, la spiritualité franciscaine s’adresse à chacun d’entre nous, religieux ou laïc, croyant ou non. Signe de cet esprit de fraternité à répandre, la spiritualité franciscaine accorde une importance particulière au repas partagé. « Un des meilleurs endroits pour rassembler des gens différents »,

 « Parce que Saint François n’appartient ni aux Franciscains, ni même à l’Église ! Il appartient à tous… »

Nelly SCHUMACHER