Avant que les Allemands n’arrivent à Epron

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poilus

Les soldats.

Ce petit feu a lui aussi besoin de nourriture ! Pendant ces quatre ou cinq années, je ne sais plus, tous les jeudis, nous partons dans la propriété du château ramasser le bois mort. D’abord chacun traîne les branches ramassées. Puis quelqu’un nous offre des brouettes, finalement une grande charrette.
Nous faisons 3 km pour ramasser le bois. Il nous faut revenir, décharger, ranger jusqu’au lendemain où nous le casserons afin de le faire entrer dans le petit feu.
Puis, nous nous attaquons les arbres tombés. Il faut chercher à se faire prêter des scies. On charge le lendemain après avoir coupé le bois. Je dois ensuite le fendre. Les garçons rangent.
Cela est pénible l’été. Mais que dire de l’hiver ?
Très vite, les Allemands sont partout présents. Nous observons les exercices d’avions au-dessus de nos têtes, des simulacres de batailles d’avions. C’est… très beau !
Nous voyons les soldats qui rampent dans les prés, tirant à blanc. Ils jouent à la guerre…
Toutes les maisons ont portes et fenêtres ouvertes pour qu’ils puissent y entrer.
En allant chercher du bois mort, nous remarquons des soldats punis, courir sans arrêts autour du cercle de leurs camarades assis par terre. Nous ne savons combien de temps : nous n’avons pas envie qu’ils nous bousculent mais il m’est pénible d’entrevoir ces cinq hommes tourner sans pouvoir reprendre leur souffle.
Avant que les Allemands n’arrivent à Epron, nous avons du évacuer à saint Georges. Nous devons partir. La supérieure a peur pour les garçons surtout.
Nous arrivons à saint Georges le même jour qu’un régiment d’Allemands qui ont pris le château juste en face de nous. Les avions partent de là et y atterrissent.

Lire la suite: Dans ce pays, nous connaissons la débâcle française.