De mémoires en Mémoire

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De mémoires en Mémoire

Franciscaines sur les côtes du débarquement…

Début de la deuxième guerre mondiale – septembre 1939…

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Epron

Nous avons un orphelinat à Dunkerque. Il abrite des garçons et des filles. Ceux qui ont encore de la famille sont repartis chez eux…
C’est impossible de rester sur place. Un bienfaiteur de l’œuvre des Mariniers (c’est le nom de notre maison) conseille à la supérieure d’aller à Epron en Normandie. Là, nous dit-il, nous serons plus tranquilles.
Quand la nuit arrive, nous partons à la gare, prendre le train ; chacun avec son balluchon. Dunkerque est devenue un endroit dangereux. Deux sœurs pourtant y restent.
Après un voyage difficile, nous arrivons à Epron. Mais le Père directeur de l’orphelinat ne veut garder que deux sœurs et les filles… et il y a dix sœurs !
Pendant qu’il réfléchit avec son groupe, la directrice fait la cuisine avec cinq ou six garçons handicapés de 17 à18 ans qui réparent les chaussures et qui font tout ce qu’il y a à faire dans ce grand ensemble de locaux.
Il n’y a pas de chaises. Nos sœurs sont à genoux autour d’une table ronde. Elles pleurent en prenant leur bol de soupe. Sœur Marie-Pauline et moi-même avons mangé avec nos enfants. C’est ce triste tableau que nous constatons en les rejoignant.
A contre- cœur, les sœurs sont acceptées. Mes garçons et moi-même, nous avons trouvé une pièce au village pour y dormir. Les paysans sont très gentils et c’est chez une dame du pays que les affaires de mes garçons sont déposées.

Nous voilà installés. Une pièce pour la communauté des dix sœurs. Plusieurs lits, une petite cuisine avec un petit feu où la cuisinière nous confectionne un plat pour midi et le soir.

Lire la suite: Avant que les Allemands n’arrivent à Epron