PRIVATISATION DE L’EAU : UN GRAND PROBLÈME

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Il est prévu que d’ici à 2025, les deux tiers de la population mondiale n’auront pas accès à l’eau potable. Beaucoup de multinationales considèrent cette « crise » comme une opportunité économique. Le  magazine « Fortune », déclarait en mai 2000 : « L’eau promet d’être au 21ème siècle ce que le pétrole a été pour le 20ème siècle : une marchandise précieuse qui détermine la richesse des pays. » Mais contrairement au pétrole, l’eau n’a pas de substitut.

Pour la plupart des gens, l’eau n’est pas considérée comme une « marchandise » que l’on peut vendre et acheter. L’eau a toujours été un « bien public » parce qu’elle est essentielle, non seulement pour la vie de l’homme, mais aussi pour l’animal, la vie des plantes et la vie de la planète elle-même. Ce sont donc les systèmes publics et municipaux qui sont responsables du service de l’eau.

Pour l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)16 et son Accord Général sur le Commerce et les Services (GATS)17, les services de l’eau sont soumis à de nouvelles règles. Ces règles permettent aux compagnies multinationales « de vendre et  d’acheter » les droits sur l’eau dans le pays de leur choix.

Voici des exemples :
* « Alaska Water Export »  proposait à un moment de transporter les glaces d’Alaska en Arabie Saoudite.
* La multinationale Suisse, « Nestlé », possède 68 compagnies d’eau minérale et pompe l’eau du lac Michigan aux États-Unis  pour 1,8 milliard de dollars par jour. 65% de l’eau quitte la région dans des camions pour être vendue ailleurs.
* En 1998, une compagnie canadienne a demandé l’autorisation de pomper environ 50 millions de litres d’eau du Lac Supérieur chaque année et de la vendre en Asie. Cette proposition fut rejetée, car considérée comme un outrage public et politique.

La première guerre de l’eau du 21ème siècle a eu lieu en Bolivie, lorsque la Banque Mondiale a refusé de renouveler le prêt de 25 millions de dollars si les services de l’eau n’étaient pas privatisés. Ensuite le service des eaux de Cochabamba a été vendu à Bechtel, une puissante société américaine, et le prix de l’eau a immédiatement augmenté. Les habitants de Cochabamba ont organisé des manifestations monstres dans les rues pendant plusieurs jours, et des grèves qui ont coûté très cher à la ville. Bechtel a  été obligé de quitter le pays. Alors que nous écrivons cet article, Bechtel poursuit en justice le gouvernement de Bolivie pour 25 millions de dollars, dans un ‘tribunal secret’ de l’OMC !

La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) font, dans certains cas, de nouveaux prêts, à condition de privatiser l’eau et certains autres services ! Une enquête sur les prêts de l’année 2000, révèle que 12 pays ont des conditions qui incluent la privatisation de l’eau. Ce sont en général des pays d’Afrique, les plus petits, les plus pauvres, et ces conditions ont été imposées à la plupart des pays criblés de dettes. Plus de 5 millions d’africains meurent chaque année à cause du manque d’eau.

Récemment, Le  journal ‘Daily Financial Dutch’ a publié un article déclarant que « l’Union Européenne a mis sous pression les pays en développement pour qu’ils achètent l’eau aux compagnies européennes. » L’article montre dans quels secteurs l’Union Européenne veut s’emparer du marché de l’eau dans le cadre du GATS, et les négociations à venir sous le nom de Doha Round de l’OMC. Les entreprises d’eau minérale comme Suez,20 Vivendi et Thames Water, ont un intérêt dans le démantèlement des services publics d’approvisionnement en eau potable, dans les pays en développement.

Ce qui se passe c’est que des accords légaux, sous le patronage de l’OMC, garantissent le libre passage des biens, des services et des capitaux, à travers les frontières nationales. Les gouvernements abandonnent leur contrôle sur les services domestiques, pour obtenir des réductions de leur dette, la promesse d’accès au marché et l’aide étrangère. Les citoyens sont alors obligés d’acheter l’eau très chère.

Comme ces institutions pèsent de plus en plus sur les décisions économiques et   sociales et prennent la place de l’état, on peut se poser la question : où la société trace-t-elle la frontière entre les biens et les services qui doivent être protégés, parce qu’ils sont jugés critiques pour la vie d’un homme, d’une femme, où pour qu’un enfant ait une existence digne, et l’impératif des affaires pour réaliser le maximum de profit ?

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L’eau

QUESTIONS POUR LA SECTION « VOIR » :

1. De tous ces faits, qu’est-ce qui vous trouble ou vous dérange le plus et pourquoi ?
2. Parmi ces faits quels sont ceux qui concernent le plus votre région ou votre pays ?
3. Parmi ces faits quels sont ceux qui vous donnent de l’espoir et pourquoi ?
4. Comment vous et votre communauté contribuez-vous au « problème de l’eau » ?
5. Que pensez-vous du contrôle de l’eau par des sociétés privées ?

Lire la suite: L’EAU DANS LA BIBLE