Habiter : le propre de l’homme

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Il n’y a pas d’accueil possible sans un lieu d’accueil, sans un habitat. Habiter constitue une expérience spécifiquement humaine. Les animaux n’ont pas d’habitation. Ils ont au mieux un nid, une tanière, un terrier, un gîte. L’homme lui a un habitat, une demeure, une maison. Habiter apparaît comme le propre de l’homme. L’homme est, nous dit le philosophe Martin Heidegger, parce qu’il habite. «L’habiter» a d’emblée une orientation écologique et cosmologique. C’est l’irréductible condition des êtres humains en tant qu’habitants de la Terre ou habitant la Terre.

Pour habiter, l’homme doit aménager le monde afin de le rendre hospitalier parce qu’il ne l’est pas de lui-même. Pour être humanisé, le monde doit être habité. La tradition biblique est déjà porteuse de cette affirmation. Le monde, même s’il précède l’homme, demeure chaotique sans lui (Gn 2, 5-6). Sans l’homme, le monde n’est qu’une masse compacte, un agglomérat de choses juxtaposées, non ordonnées. L’homme est appelé à participer à la création du monde en l’ordonnançant, en inventant des espaces à habiter. C’est ainsi qu’il aménage le monde par le rassemblement de maisons dans les villes ou les villages pour le rendre hospitalier.

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Sans Abri

Il n’y réussit pas toujours. Les villes modernes sont peu hospitalières : elles sont souvent faites de non-lieux qui ne sont pas habitables (centres commerciaux, parkings souterrains…), qui au mieux peuvent être squattés par ceux qui précisément n’habitent nulle part, sont sans domicile fixe.

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